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» Comme tous les dimanches j’promène dans l’centre ville avec mon Sigma 150-600. D’puis le pont j’vois au loin un héron. M’suis dis qu’si j’arrive à l’avoir dans l’viseur, j’peux surement remporter l’prix municipal d’la photo. Alors j’ai planté toute l’après-midi sur l’pont en plein cagnard. C’est ça quand t’es passionné t’calcul pas la semaine au taff c’est pas pareil j’calcul tout. J’ai réussi à l’avoir mon volatile, pile quand son bec pique le fleuve. Satisfait j’actionne l’retour image, mais l’soleil tape dans l’écran LCD 3.2 pouces. J’vais pour chercher d’l’ombre et PAF ! j’le vois en me retournant. L’machin il m’fonce carrément d’ssus un Vitabri obturé, une grande tonelle blanche avec les 4 bâches. J’suis surpris quand même, j’gueule un coup ça l’stoppe net. Une des parois s’ouvre. Y’a une tête qui sort et m’présente des excuses. La personne m’invite à entrer sous l’Vitabri. J’décline mais elle insiste alors j’accepte. 5 personnes m’acceuillent à l’intérieur et m’offrent un thé à la menthe. J’dis oui sans capter qu’c’est un vrai sauna là-dedans. J’prends sur moi, ils sont sympathiques, m’disent qu’ils vont redémarrer, j’suis le bienvenu. C’est bon enfant, j’décide d’les suivre je n’sais où. Faut faire gaffe aux pavés c’est l’seul moyen pour s’diriger. Le thé est brûlant, l’air bouillant, on est 10 à présent. Ça m’prend l’envie d’immortaliser la scène j’ai pas assez de recul et puis ça rend rien. J’ai la tête qui tourne, il m’faut d’l’air. J’leur dis d’faire une pause sur la place. Ils retirent une des bâches et tout le monde sort devant une ptite foule qui nous suit depuis le pont. Je fais un tour d’la place pour m’aérer, j’remarque une affiche scotchée à un lampadaire. J’suis trop loin pour lire mais j’remarque la photo du Vitabri. ON REBOUGE ! Un appel est lancé par l’un des orga moi ça va mieux j’rejoins. Un groupe s’greffe au dernier moment, des touristes, ils miment avec les mains qu’ils veulent porter le Vitabri, personne ne les empêche. Tout l’monde est à son poste. On est 20, la vue est dégagée, ça redémarre en trombe, à grand pas pendant 5 min, les gens chantent quand soudain gros orage. Cris d’joie, c’est l’déluge, tous les passants courent pour s’réfugier dessous, les uns après les autres comme dans l’arche de Noé. Les caniveaux, les gouttières débordent, nos chaussures chaussettes les épongent. Petit à petit le fracas de la pluie contre la toile cirée nous assourdi. Les 47 personnes marchent à présent en silence. Vers où ? Pourquoi ? Jusqu’à quand ?J’me remémore l’affiche sur l’lampadaire ça parlait bien d’un Vitabri ? Il est à qui ? Et les organisteurs ils sont où ? J’décide alors de prendre la tangente. C’est avant le pont que nos chemins se sépare sous la pluie battante je m’assois sur un banc pour l’observer disparaitre du paysage. J’crois pas avoir tout compris mais j’m’en rappelerai toute ma vie. »(témoin langue verte)
festival Bien Urbain,
de 8 à 60 personnes,
tonnelle pliante,
15 juin 2025,
Besançon, France.
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